Vendredi 4 décembre 2009
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Aïd le Sacrifice
Dans la religion musulmane, cette fête annuelle sert à renouveler sa foi en Dieu.
L’histoire est écrite dans le Coran. Dieu demandait beaucoup au prophète Ibrahim pour qu’il prouve sa foi. Un jour, Dieu lui demanda de sacrifier son fils unique. Le fils, le prophète Ismaël
acceptait sa mort, il était lui-même très croyant. Alors, le père parti avec son fils au sommet d’une montagne et s’empara d’un couteau. Juste avant qu’il ne tranche la gorge d’Ismaël, Dieu est
apparu a Ibrahim en lui disant que sa foi était indiscutable et lui demanda de sacrifié un mouton à la place de son propre fils. C’est pourquoi, maintenant, tous les ans mais la date dépend des
lunes, les musulmans sacrifient un ou plusieurs moutons.
Avant l’aïd :
Des moutons partout, des souks démultipliés, de plus en plus grand et de plus en plus fréquemment. Des moutons sont apparus dans les quartiers, des voisins louaient même leurs garages pour y mettre
des troupeaux de moutons à vendre. Plus l’aïd approchait, plus les garages se vidaient et plus les moutons se répondaient la nuit, de maison en maison ! La semaine dernière, on croisait une
vingtaine de moutons par jours dans le quartier, dans les garages, dans les voitures (deux moutons entassés dans des Mercédès…), dans les charrettes à bras, dans les camionnettes, sur les motos à
trois roues… Toutes les conversations des grands et des plus petits tournaient autour de la fête du samedi. Les enfants étaient en vacances scolaires du 27 novembre au 2 décembre (à part les jours
fériés, c’est leurs premières vacances). Le vendredi, il y a eu un gros absentéisme des enfants comme des professionnels, nous ne sommes pas allées en stage (enfin, pendant une heure quoi). Toutes
les maisons ont étés nettoyées de fond en comble pour le lendemain matin.
Le samedi, jour du sacrifice.
La famille nous avait invitées à passer la fête avec eux. Je les ai donc rejoints sur la
terrasse quand je les ai entendus monter les moutons, ils étaient au garage, dans le noir depuis deux semaines. Marion s’est barricadée chez nous avec de la musique, elle ne supporte pas la vu du
sang…
Le premier mouton a été égorgé sur les coups de 10heures par le frère de la mère de famille. Le père et le fils n’ayant pas réalisé leur prière de l’aïd. Le reste du samedi se déroule dans la
famille proche. Je ne pense pas que ce soit le cas partout, il existe des familles où tout le monde se réunit (oncle, tantes, grands-parents…). L’animal se débattait et est mort rapidement. La mère
et la fille nettoyaient la terrasse au fur et à mesure. Il y a un robinet et une évacuation dégout sur la terrasse, je ne comprenais pas l’utilité, jusqu’à l’aïd. Une bassine avait été remplie
d’eau la veille.
Une fois que la bête est morte, le père a fait une
incision dans la patte arrière et a soufflé
dedans. A la bouche d’abor puis avec une pompe à vélo. Ensuite, avec son fils, ils retirent la peau de la bête, en commençant par les pattes arrière. Quand cette zone est dégagée, le mouton est
pendu par les pattes arrière. Comme il n’y a pas d’endroit pour le pendre, la famille l’a suspendu à la porte qui mène dans la maison. Pendant ce temps là, le deuxième mouton observe. Pour retirer
complètement la peau, ils coupent la tête et les pates avant.
La peau sera vendue dans quelques jours pour le cuir, en attendant elle est mise à sécher sur le mur (des peaux apparaissent aussi chez tous les voisins). Après, le père s’attaque a la dissection
pour sortir la graisse, l’estomac (odeur immonde), les reins, le foie (c’est le roi de la fête), le cœur, les poumons, les intestins… Au fur et à mesure, les organes sont rincés. La terrasse a été
javellisée entre les deux moutons. Le barbecue est préparé pour faire le foie et la graisse (elle avait été mise à sécher sur le fil à linge).
Le deuxième mouton suit le même destin.
Le fils va dans la rue avec les tètes et les pates, il les donne a des jeunes qui font un feu ^pour les faire griller. Contre dix dirhams et il revient. La fille mange les oreilles grillées. La
cervelle sera enlevée le lendemain. La boucherie est finie pour aujourd’hui, même si tout est nettoyé dans la foulée. Il n’y a pas de viande dans la rue, juste de la graisse et des peaux à
sécher.
Le midi, on mange les brochettes de foie enroulé dans la graisse puis le cœur. Le soir, la famille nous fait gouter l’estomac (un peu élastique mais très bon) et les poumons.
Le dimanche, on est réveillées par des bruits sourds. C’est le père qui utilise une petite hache pour couper les moutons en morceau. Ils ont passé la nuit pendue dans l’escalier. Le midi, on mange
des brochettes avec la famille du futur époux de la fille. Les hommes sont sur la terrasse (le père, le frère de la famille et le père du futur époux et le jeune homme). En bas, c’est pour les
femmes (les deux filles, la mère, la future belle-mère et nous deux). Le reste de la viande est congelée.
L'aïd, c'est un peu comme notre noël ou le premier de l'an, il y a des coups de
marketing et on se souhaite tous pleins de voeux et de chances...
Par Iriset/ouMarion
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